Voirie
Sans méthode quelle issue ?
Publié le 30 avril 2013
Les voies de circulation dans notre village conditionnent nos déplacements et la qualité de ce faisceau de sentiers, de chemins et de routes doit pouvoir se vivre pour chaque Carignanais comme un élément favorisant sa vie familiale, professionnelle et sociale.
Avec un résultat positif de plus de 400 000 euros chaque année pour notre commune, la qualité de la voirie me paraît être un enjeu prioritaire, un marqueur majeur, marqueur du respect élémentaire que la Municipalité doit à ses administrés.
Pour autant, un rapide tour d’horizon nous permet de dresser un constat réservé quant au niveau du réseau routier carignanais. Certaines zones bien connues de la Municipalité semblent en déshérence (chemin de Sonney, Citon, Lalouga, Beaugey…), et quelques projets annoncés ont pour l’heure été simplement abandonnés (chemin de Peyroulet...). D’autres quartiers entiers encore, par manque de concertation et de planification éclairée, ont vu leur entretien remis aux calendes grecques et surtout à « l’après 2014 » en raison de travaux entrepris par ailleurs (Vignac…).
Chemin de Vignac
Plus préoccupant, est le manque de visibilité dangereux dû au peu d’entretien des carrefours (chemin de Cadène…). On peut encore déplorer quelques zones où, laissés pour comptes, les propriétaires entretiennent à leurs frais des pans entiers de voirie et où l’éclairage public leur incombe (Clos du Lys…).
Le problème est sur ce sujet encore un peu technique car toutes les voiries de notre commune ne relèvent pas directement de la compétence municipale. En effet, une partie de la gestion du réseau est transférée à la Communauté de Communes et les routes départementales qui sillonnent Carignan relèvent, elles, de la compétence du Conseil Général.
En tout état de cause, notre commune doit intervenir activement auprès des instances concernées lorsqu’il y a lieu, et directement en ce qui concerne la voirie purement communale que nous avons à penser et financer de nos propres deniers. L’expérience montre qu’une collaboration pertinente entre communes et territorialités est toujours gage de réussites en la matière, et malheureusement les conflits avec l’intercommunalité ont souvent été préjudiciables à notre village.
En 2014, la nouvelle équipe s’attachera à créer le contexte favorable à la reconquête de la confiance nécessaire entre nos partenaires et nous-mêmes.
Le constat :
Les trop nombreuses remontées du terrain sont pour le moins alarmantes. Une étude globale de la commune nous mène à classer les différents problèmes :
- Bandes de roulage non entretenues
- Trottoirs impraticables ou inexistants
- Bas-côtés fauchés une seule fois par an
- Réseau des pistes cyclables et piétonnes dispersé et incohérent
- Manque de visibilité au niveau de certains carrefours dangereux
- Ralentisseurs inadaptés
- Mauvais encadrement de la vitesse des véhicules

Fitta
Autant de solutions que de problèmes devront être apportées à chaque cas particulier. Les dispositifs techniques en BTP existent, et même si en matière de voiries, les actes se posent un à un dans le temps, tout reste question de volonté et de priorité. Je réaffirme ici qu’il est impensable de laisser des quartiers entiers sans entretien au profit de projets « flamboyants » mais à l’utilité discutable. J’en fais un enjeu majeur pour 2014 car l’incurie des dernières décennies en la matière nous impose la prise de conscience nécessaire.
Zoom sur un quartier emblématique : Vignac
Ce quartier en plein réaménagement est en effet très représentatif de la politique municipale en matière d’entretien et de développement de la voirie :
Le Chemin de Calonne, depuis la Route de Latresne jusqu’à Vignac, refait en 2011, est déjà en piteux état. En effet, les travaux entrepris sur ce tronçon l’ont été a minima, et aucun reprofilage1 de la voie n’a été constaté. Suite à de nombreuses demandes des usagers, la réfection de cet axe de déserte figurait au budget prévisionnel 2013 mais la Municipalité a malheureusement décidé de l’abandonner sans autre concertation. La réponse donnée par le Maire, questionné à ce sujet lors du conseil municipal du 12 avril 2013, fut éloquente : « Nous n’avons pas que ça à faire »…
Le quartier Fitta, le chemin Desclaux , le chemin de Montfavet… qui desservent de nombreuses habitations sont à revoir entièrement : techniquement, un bicouche2 avec reprofilage pourrait suffire, mais rien n’est prévu à ce jour pour ces quartiers qui pour ainsi dire n’ont connu aucun entretien depuis 30 ans…
Le lotissement du Belvédère révèle particulièrement le contraste entre l’état de la bande de roulement que les riverains ont récemment financé dans la partie privée et celui de la voie publique qui laisse clairement à désirer. Les initiatives privées de ce type sont très répandues sur notre territoire car les consignes municipales en matière de rattachement de parcelles privées au réseau communal sont depuis quelques années d’y répondre a priori par la négative…

Le Belvédère
L’ancienne maison de retraite « Les mûriers », qui abritera prochainement 17 logements sociaux, est un chantier important dans ce quartier à l’identité traditionnelle, causant naturellement de nombreux préjudices aux Carignanais, comme les préemptions, ou simplement les nuisances durant les travaux. A terme, cet aménagement génèrera un flux de circulation automobile conséquent, notamment parce que cette zone reste relativement excentrée et qu’aucune voie de circulation douce vers le bourg n’a été envisagée. Il ne s’agit bien évidemment pas de s’opposer frontalement à l’implantation de logements à loyers modérés sur notre commune, qui doivent participer d’une mixité sociale toute bénéfique, mais c’est la conception d’un projet sans concertation et mal pensé qui heurte profondément.
On décèle donc, toujours et encore, ce manque de vision et d’étude globale des sujets par les décideurs actuels. Il est à noter par exemple que mis à part l’information municipale sur les deux tranches de travaux successives, aucun autre encadrement sérieux de cette restructuration urbaine d’importance n’a pour l’heure été prévu. Les simples mesures de bon sens, comme le réglage intelligent de la circulation par arrêté municipal et un échéancier méthodique présenté à la population dès l’amont du projet, était le préalable au déroulement serein de l’opération…
Chantier de Vignac (les Mûriers)
De Vignac à Fontenille la circulation rapide et l’état des bas-côtés laissent peu de chance au marcheur descendant vers l’arrêt de bus. Là encore, et cette fois-ci sur un problème de sécurité publique majeur, la mise en place de trottoirs notée au budget prévisionnel 2013 a simplement et arbitrairement été abandonnée.
Plus généralement, la vitesse des véhicules est à l’heure actuelle jugulée par quelques ralentisseurs. Il semble néanmoins communément admis aujourd’hui que les systèmes de chicanes soient moins agressifs pour les véhicules. Les études sur la sécurité routière indiquent que les «indicateurs de vitesse pédagogiques» permettant à chacun de visualiser sa vitesse par un affichage rouge ou vert donnent aussi de très bons résultats pour un coût accessible à une commune comme la nôtre.
Descente de Vignac vers l'arrêt de bus
Si les Carignanais me font confiance, en 2014, mon équipe et moi-même organiserons un processus décisionnel efficace. Une « cellule réactive » composée d’élus et d’agents sera mise en place dès l’été 2014, et je m’engagerai personnellement à ce que chaque Carignanais reçoive systématiquement une réponse dans la semaine du dépôt de sa requête. Cette cellule de travail sera donc en lien direct avec le bureau du Maire et dépassera le cadre des problèmes techniques et de voirie. Dans le même mouvement, nous refonderons le système actuel trop approximatif des « astreintes » de la Mairie. Pour plus de fluidité, un numéro vert (gratuit) sera affecté à cette nouvelle entité.
De plus, chaque projet d’importance, public ou privé, fera l’objet d’un suivi régulier. Un échéancier actualisé sera consultable en Mairie de façon à ce que chaque Carignanais puisse exercer son droit de regard légitime. La Commune ne sera pas omniprésente mais dans nos partenariats avec les entreprises, la confiance n’exclura plus le contrôle.
Pour finir, l’entretien des voies de circulation d’un territoire relève, nous le savons, d’un éternel continuum. Mais d’une municipalité à l’autre, méthodes et volontés font toute la différence. Cet espace de vie que sont les chemins et les routes de notre village font lien entre tous les Carignanais et reflètent l’identité de toute une communauté. Soyons lucides et prenons enfin la mesure des moyens nécessaires pour un développement digne de nos attentes.
Delphine Philippeau
1 Le reprofilage consiste à améliorer la structure d’une route par un apport de matériaux comme des granulats ou de l’enrobé de façon à boucher les trous et lui redonner un profil technique qui permet d'y circuler sans danger, ainsi que d’en pérenniser la stabilité.
2 Le bicouche est un goudronnage composé de deux couches. Chaque couche est une émulsion de bitume sur laquelle on vient appliquer du gravier que l'on compacte.




